Haïti Progrès
16 au 22 Août 2000
La présidentielle fixée pour le 26 novembre
Dernier tournant?Passant outre à l'agitation de l'opposition concernant les résultats des dernières élections, le président René Préval s'est engagé dans le sprint final en fixant l'élection présidentielle au 26 novembre 2000. Dans un décret en date du vendredi 11 août, Préval a prolongé le mandat du Conseil électoral provisoire appelé à organiser à la même date des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat. À l'origine ce CEP avait pour mandat de constituer la Chambre des députés, compléter le Sénat et mettre en place les collectivités territoriales.
Le temps presse, et il faut bien en finir avec ces élections qui ne doivent pas servir éternellement d'écran pour ignorer la détérioration continuelle de la situation socio-économique et d'autres grandes questions connexes telles que les privatisations. Ainsi la présidentielle se déroulera, comme il a été annoncé, sous l'égide du décret-loi électoral de 1999 amendé pour la circonstance. Le président du CEP, Ernst Mirville, a justifié la décision de l'Exécutif en ces termes: «La date du 7 février est une date pratiquement fatidique. Donc, quand on prend le mois de novembre ou décembre pour organiser les élections, si on devait former un autre conseil électoral, il serait très difficile, cela mettrait en péril la réalisation des présidentielles.» Le prochain président élu doit être investi le 7 février 2001 et le tiers du Sénat en janvier (2e lundi) de la même année.
Bien entendu, cela ne saurait faire l'affaire de l'opposition qui continue à s'accrocher à ses lubies et qui, face à son échec, a choisi pour le moment de s'entêter en de vaines gesticulations. Le porte-parole de l'Espace de concertation et de la Convergence - on ne sait plus laquelle de ces alliances successives des différents partis -, Evans Paul a ainsi déclaré: «Bon, nous avons déjà notre position. La position, c'est que nous ne reconnaissons pas l'actuel Conseil électoral. Alors quelle que soit la décision que M. Préval prendrait, c'est une décision qui le concerne directement et son clan Lavalas.» En réalité, qu'Evans Paul reconnaisse ou pas le processus en cours, il ne semble pas influer plus qu'il ne faut sur la situation, d'autant plus que sa représentativité est loin d'être à la mesure de ses prétentions et sa crédibilité encore moins.
De son côté, finalisant les dernières élections, le responsable des opérations électorales au CEP, Luciano Pharaon, a publié le mardi 8 août les résultats concernant le deuxième tour partiel dans le département de la Grand'Anse et dans certaines circonscriptions du Nord-Est et du Sud-Est. La majorité des élus est issue de Fanmi Lavalas avec des gains substantiels de l'Escamp/Korega, l'Espace de concertation et du Mochrenah. Par ailleurs, le CEP a décidé de refaire l'élection municipale de l'Anse d'Hainault mettant aux prises le candidat de l'Escamp et celui de l'Espace, et le deuxième tour dans la circonscription de l'Anse-à-Veau/l'Azile tout en préparant la présidentielle fixée pour le 26 novembre prochain.