Haïti Progrès
 14 au 20 Juin  2000


Les déboires de l'opposition

Le conflit opposant la Mission d'observation électorale de l'OEA (MOE) au Conseil électoral provisoire (CEP) autour de la question de comptage des votes dans le cadre des élections du 21 mai n'en est pas pour autant terminé. Le «leader» du Konakom, Victor Benoît, n'a eu que la 7e position dans les sénatoriales de l'Artibonite.

L'opposition de droite au grand complet réuni au sein du nouveau Groupe de convergence (Espace, OPL, RDNP, Mochrenah, Pademh, MPSN) a appelé à l'annulation du scrutin du 21 mai et à l'organisation de nouvelles élections dans le pays, quand ce n'est pas la démission du président Préval.

Ne sachant à quel saint se vouer face à la machine électorale qui n'a point stoppé, l'opposition par le biais de l'Espace de concertation a rappelé depuis une semaine ses représentants au sein du CEP: Irma Rateau (secrétaire générale), Debussy Damier (vice-président) et Emmanuel Charles (membre). «Tout ce que je veux dire: le staff ne fonctionnera jamais avec des crapules. Nous avons fait l'expérience au sein du gouvernement: nous y avions cinq membres, quand nous leur avions demandé de démissionner, sans hésitation ils avaient remis leur démission. Alors nous croyons que le même geste se reproduise pour les 3 personnes que nous avons au Conseil», a dit Evans Paul. Jusqu'à présent les 3 conseillers électoraux fonctionnent à merveille au sein de l'institution électorale, à la grande satisfaction du président du CEP Léon Manus.

Parlant des rumeurs de démission, Manus a déclaré: «Ce n'est pas seulement lui (Emmanuel Charles), tous les deux autres membres sont là aussi... Je suis très content de cela. Nous sentont que le travail apporte plus de chaleur, plus d'animation avec ces messieurs qui sont là. Donc, je suis très content, jusqu'à présent rien n'a été fait».

La plus grande déconvenue de l'opposition a été son appel au boycott du scrutin partiel du 11 juin dans le département de la Grand'Anse. Gérard Pierre-Charles de l'OPL avait même menacé de «sanctions» des candidats «indisciplinés» et envoyé une délégation dans ce département pour convaincre et peut-être acheter la conscience des candidats non désireux de suivre les mots d'ordre du parti. Parallèlement deux curieux incendies avaient consumé les matériels électoraux entreposés au BEC de Miragoâne et de Petit-Trou de Nippes.

Aucune décision définitive n'a été encore prise ni de déclarations fermes et finales n'ont été faites par les autorités pour déterminer si oui ou non il n'y aura pas de ballottage pour les candidats au sénat dont l'élection au premier tour a été contrôlée. Entre-temps les militants de Fanmi lavalas continuent à faire entendre leurs voix. Ils ont été des centaines à manifester dans les rues de Port-au-Prince pour dénoncer les déclarations du chef de la Mission d'observation électorale de l'OEA, Orlando Marville, et crier qu'ils n'entendent partager leur victoire électorale sous de fallacieux prétexte d'un quelconque pluralisme politique mal compris.

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