Haïti Progrès
 24 au 30  Mai  2000
Dans le dixième département


Grand Rassemblement contre la brutalité policière pour le Fête des Mères

Bien que le maire Rudolph Giuliani soit en train de «rache manyòk li» en se retirant de la course pour un siège au Sénat à Washington, la brutalité policière à New York ne montre aucun signe de vouloir diminuer.

Depuis la confrontation après les funérailles de Patrick Dorismond, les policiers du NYPD persécutent plus que jamais les Haïtiens de tout horizon: des chauffeurs de taxi pour les bicolores qui pendent à leurs rétroviseurs, des disquaires haïtiens qui font jouer la musique pour attirer l’attention du client; des étudiants qui se promènent l’après-midi en rentrant chez eux après l’école, etc.

Entre-temps, les meurtriers de Patrick Dorismond, parmi tant d’autres, ne sont pas traduits en justice. Est-ce que les autorités pensent que la communauté haïtienne se serait découragée aussi facilement et aussi vite?

Point du tout, car la Coalition haïtienne pour la justice (HCJ) organise un grande réunion communautaire le dimanche 28 mai à partir de 4 heures p.m. à l’auditorium de Medgar Evers College au 1650 Bedford Avenue (entre Crown et Montgomery Streets) à Brooklyn. La soirée est destinée à honorer les mamans de plusieurs victimes de la brutalité policière au cours de ces dernières années. Ainsi, on aura la participation de Marie Dorismond et d’autres mamans accablées par la perte d’un enfant.

 Seront aussi présents des avocats qui travaillent pour la famille Dorismond: Alton Maddox et Johnnie Cochran qui parleront un peu des droits de la communauté et des poursuites légales. Les victimes de la violence policière témoigneront de leurs expériences et une vidéo des événements autour des funérailles de Patrick Dorismond le 25 mars dernier sera projetée. Le groupe racine Kongo, Myriam Dorismé, Clifford Sylvain et d’autres assureront l’aspect culturel.

Mais le plat de résistance sera constitué par le dialogue avec la communauté où le HCJ entendra les propositions de l’assistance et annoncera ses initiatives pour le proche avenir. La soirée sera conduite en créole.

Décidément, un rendez-vous à ne pas rater. Entrée gratuite. Pour plus d’informations, téléphonez le HCJ au 718-284-0889.
 
 


Haïti Progrès
 24 au 30  Mai  2000
NEW YORK:
La radio «pirate» de Vladimir Petit-Frère réduit au silence

Le 10 mai dernier, des agents spéciaux du FBI et du Federal Communications Commission (FCC) ont effectué une descente au local de Radio Etincelles à Brooklyn, où ils ont arrêté le propriétaire et directeur Vladimir Petit-Frère. Celui-ci a été libéré entre-temps en attendant la date de son procès, qui n’a pas encore fixée, d’après l’assistant procureur fédéral Carolyn Pokorny.

Les autorités ont saisi tous les appareils de la station, qui se trouvait au deuxième étage d’un immeuble résidentiel au 3014 Glenwood Road, au coin de Nostrand Avenue. D’après John Winston du FCC, les autorités menaient depuis longtemps une lutte avec Petit-Frère pour le faire cesser d’émettre sans licence. «Non seulement il a été averti en plusieurs occasions, nous lui avons enlevé son équipement en trois ou quatre occasions à cette fin, mais il est revenu sur les ondes à chaque fois», nous a déclaré John Winston.

Radio Etincelles émettait sur la fréquence de 88.5 Mhz FM. L’opération d’un émetteur sur la bande FM sans licence est un délit fédéral, et les contrevenants encourent des pénalités de l’ordre de $11.000 pour chaque violation et la saisie de tous les appareils. Ils sont aussi sujets aux amendes criminelles et l’emprisonnement, ou les deux.

Récemment, le FCC a décidé d’offrir aux stations «micro» des licences pour 10 watts et pour 100 watts. Mais, Petit-Frère s’est montré très méfiant envers cette nouvelle politique. «Licence ou pas, je resterai de toutes façons sur les ondes» avait-il dit récemment au journal Haitian Times: «Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, mais la radio pirate ne lâchera pas», expliquant que les stations «micros» n’avaient pas assez de revenus pour se permettre de se conformer à toutes les régulations exigibles par la détention d’une licence.

La fermeture de Radio Etincelles vient trois semaines après celle de Radio Lakay, une autre station à Brooklyn, qui a depuis lors repris ses émissions. Il y a quelques autres radios «pirate» à Brooklyn et à Queens, dont Radio Galaxy Plus, Radio Fraternité, Radio Pétionville, et Radio Port-au-Prince.

«Je suis confiant que tout marchera bien pour mon client», a dit Heidi Perida, l’avocat de Petit-Frère, qui n’en a pas dit plus en attendant le procès.

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