Haïti Progrès
 3 au 9  Mai  2000
En Bref

Rapatriement volontaire de 25 braceros

25 braceros haïtiens, âgé de 15 à 30 ans, ont été rapatriés volontairement le lundi 24 avril par le poste-frontière Jimani-Malpasse, avec l'appui de la Pastorale des bateys du diocèse de Barahona, dans le sud-ouest de la République dominicaine. Il s'agit de personnes nouvellement recrutées pour la zafra en cours qui ne peuvent plus supporter les conditions de vie exécrables dans lesquelles elles se sont retrouvées depuis leur arrivée.

«La décision prise par ces braceros de rentrer chez eux est un signe patent de la détérioration des conditions de vie dans les bateys», a déclaré le père Pedro Ruquoy, directeur de la Pastorale des bateys du diocèse de Barahona, qui a accompagné ces rapatriés à la frontière.

Ces 25 ressortissants haïtiens, qui se trouvaient dans une baraque au batey Las Casitas depuis trois à quatre semaines, n'avaient rien reçu des nouveaux propriétaires de l'usine sucrière de Barahona. Pour pouvoir survire, ils avaient dû vendre tout ce qu'ils possédaient, y compris leurs vêtements et leurs chaussures. Originaires de Jacmel, Marigot et Cap-Rouge dans le département du Sud-Est, ces braceros ont été contractés par des buscones (passeurs) haïtiens, à qui ils avaient dû payer entre 300 et 700 gourdes. Après avoir traversé la frontière Malpasse-Jimani par un sentier longeant des bayahondes, ils ont été conduits dans une maison située non loin de la forteresse de Jimani où ils ont été reçus par des militaires dominicains et des personnes appartenant au service d'éradication de la malaria.

Des organisations travaillant avec les immigrants haïtiens en République dominicaine se sont alarmées, ces derniers jours, des conditions dans lesquelles l'embauche des travailleurs avait lieu. Avec la privatisation des usines sucrières dominicaines, le minimum n'est plus offert.

Par ailleurs, à l'occasion de la fête de Pâques, des habitants de Tamayo, commune de la province de Bahoruco, située à 25 km de la ville de Barahona, ont organisé un repas de solidarité pour environ 200 braceros. Après la messe pascale célébrée à l'intérieur d'un champ de cannes, braceros haïtiens et dominicains d'origine haïtienne ou non se sont réunis pour partager ce repas que des femmes de Tamayo avaient préparé.

Colette Lespinasse
Coordonnatrice GARR
Port-au-Prince, 24 avril 2000

 
 

Le CEP maintient le cap

Le vice-président du CEP Debussy Damier estime qu'il appartient à l'Exécutif d'établir un climat de sécurité propice à la tenue des élections. Pour l'heure, l'ambiance électorale s'est quelque peu refroidie: les spots publicitaires sont rares ainsi que les rassemblements électoraux. Damier explique que les candidats sont essoufflés par les divers ajournements du scrutin, épuisés économiquement et intimidés par la violence. Malgré tout le CEP fait les préparatifs pour le 21 mai. En attendant le travail d'évaluation réclamé par l'Exécutif et certains partis traîne encore.
 

Evans Paul tient deux langages

Le porte-parole de l'Espace de concertation, Evans Paul alias K-Plim, a indiqué que son alliance politique ira aux élections fixées pour les 21 mai et 25 juin. Cependant, il a dénoncé le climat de violence dans le pays qui effraie «les candidats de l'opposition». Pas les autres? «Le directoire de l'Espace n'a pas à dire s'il va aux élections, puisque l'Espace a toujours lutté pour qu'il y ait des élections. Nous serons là», avait-il dit au début du mois d'avril, ajoutant toutefois: «Cependant nous nous posons des questions sur le climat politique que nous connaissons actuellement, avec la question des gens qu'on fait disparaître, qu'on tue... C'est un fait exprès...» Il doit bien savoir de quoi il parle, puisque après avoir annoncé que sept personnes avaient disparu lors du mystérieux incendie du local de son parti le 8 avril, il s'est abstenu depuis de reparler de ces intrigantes disparitions.
 

Nouveau conseil à l'Hôpital Général

Un conseil d'administration de quatre personnes a été institué à l'HUEH à la suite du départ de la directrice le docteur Marie Antoinette Gauthier. Il est composé des docteurs Carrénard, président; Boncy; Bien-Aimé Levêque, et Démervil chargé d'assurer la liaison entre l'HUEH et le ministère de la Santé publique. Le conseil aura à traiter les différents problèmes qui affectent l'établissement. Il est le résultat d'une série de rencontres entre le ministère, le personnel médical, le syndicat du personnel infirmier (SPI) de l'HUEH et de représentants de la société civile.
 

Les médecins affairistes dénoncés

Des médecins proches de Fanmi lavalas ont donné une conférence de presse pour expliquer le dysfonctionnement qui accable l'hôpital général. Pour eux ces problèmes sont de divers ordres, comme par exemple les médecins qui s'opposent à la coopération médicale cubaine sont propriétaires de pharmacies privées, de laboratoires privés, et de ce fait ils n'ont aucun intérêt à voir bien fonctionner le plus grand centre hospitalier public du pays.
 

L'OEA à Petit-Goâve

La mission d'observation électorale de l'OEA a effectué une visite dite d'information à Petit-Goâve le 26 avril. L'attaché de presse de la mission, Marie Durand, a exhorté les candidats à travailler avec les autorités de cette ville en vue de permettre la reprise des activités électorales et le déroulement normal du scrutin aux dates indiquées, soit le 21 mai et le 25 juin.
 

Le candidat Vixamar prévient le CEP

Un candidat au Sénat pour le département du Nord-Ouest, Henry Vixamar, a exhorté le CEP à organiser les élections et de manière honnête dans le pays, afin d'éviter une colonisation brutale par les forces étrangères. «Le pays joue sa dernière carte», a-t-il précisé.
 

Érection de barricades

Des pneus enflammés ont été érigés sur la voie publique à la rue Capois et à la 4e Avenue Bolosse très tôt dans la matinée du 26 avril. Les groupes à l'origine de ces actions n'ont pas été déterminées, ni les raisons de ce mouvement qui a rajouté à la tension ambiante.
 

Enquête sur l'assassinat de Jean Dominique

L'enquête suivrait son cours normal dans le cas de l'assassinat le 3 avril dernier de Jean Dominique, directeur de Radio Haïti Inter, et du gardien de la station Jean-Claude Louissaint. La justice serait sur les traces des assassins, d'après le ministre de la Justice, Camille Leblanc. Ce dernier a indiqué que suivant le résultat des analyses balistiques, les deux hommes ont été abattus par le même revolver.

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