Haïti Progrès
19 au 25 Avril  2000
Outrés par la Brutalité Policière
Les Haïtiens de New York
s'apprêtent à gagner les rues pour Éxiger le Départ du Maire Giuliani

Le jeudi 20 avril marque le dixième anniversaire d'une marche historique de 100.000 Haïtiens à travers le Brooklyn Bridge, un pont reliant le comté de Brooklyn à l'île de Manhattan, à New York. Ce jeudi, les Haïtiens de New York seront encore au rendez-vous du Brooklyn Bridge pour protester contre la brutalité policière, dont on observe la recrudescence aujourd'hui à l'égard des populations non-blanches de New York, et pour réclamer le départ du maire Rudolph Giuliani.

La Coalition haïtienne pour la justice, un regroupement d'activistes et de groupes communautaires, appelle la communauté haïtienne à se rassembler dès les 8 heures du matin, le jeudi 20 avril, sur la place Grand Army Plaza à Brooklyn, à l'intersection de Eastern Parkway et de Flatbush Avenue. De là, les manifestants défileront le long de Flatbush Avenue, feront vibrer le Brooklyn Bridge une nouvelle fois sur leur passage, avant de se déployer devant la mairie (City Hall), dès 1 heure de l'après-midi. Cette manifestation, dont les organisateurs détiennent un permis en bonne et due forme des autorités compétentes, aura un caractère pacifique et légal.

Des syndicats, des associations d'étudiants, des journalistes, des coalitions issues des autres communautés ethniques elles aussi victimes de la brutalité policière, ainsi que d'autres New-Yorkais eux aussi outrés par la violence policière, ont déjà répondu à l'appel de la Coalition et se préparent à «prendre la rue» ce jeudi. Au nombre des personnalités invitées à s'adresser à la foule se trouvent la soeur de Patrick Dorismond -- le jeune Haïtien tué le mois dernier par des policiers en civil -- les mères de plusieurs victimes récentes de la violence policière, le charismatique Paul Maurice François (Mèt Paul) de Radio Lakay, le Congressman Charles Rangel, et le très populaire Rev. Al Sharpton.

«Giuliani a le sang de Patrick Dorismond sur les mains. D'abord pour avoir donné le feu vert aux policiers qui terrorisent et qui tuent les jeunes noirs en toute impunité. Ensuite en déformant son passé et sa vie pour justifier son meurtre», affirme un membre de la Coalition, M. Daniel Simidor.

«Rudolph Giuliani représente le pouvoir établi qui encourage la brutalité policière à New York», déclare pour sa part M. Dahoud André, un porte-parole de la Coalition. «Il est sans compassion et sans égard pour la loi. C'est un raciste enclin à diviser plutôt qu'à unir les diverses communautés ethniques de la ville. On ne trouve pas chez lui la fibre morale nécessaire au bon gouvernement. Les habitants de New York doivent s'unir et réclamer d'une seule voix sa démission immédiate.»

La Coalition haïtienne pour la justice regroupe des activistes qui ne s'entendent pas toujours au niveau des choix politiques en Haïti. Mais ses membres sont tous du même avis que le régime de Giuliani est incorrigible, irrémédiablement hostile envers la population non-blanche de la ville, et un danger réel pour la jeunesse noire et latino de New York.

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